11 juin 2013

Jack l'Eventreur, affaire classée?




    Je continue sur le thème Jack l'Éventreur avec ce documentaire de Patricia Cornwell. Pour ceux qui ne la connaissent pas, c'est une romancière qui a été médecin légiste. On peut donc supposer qu'elle connait bien le milieu et que ses romans sont étayés par de solides connaissances.

    Elle a décidé avec ce livre de nous proposer son hypothèse quant à l'identité de Jack l'Éventreur, mais j'ai trouvé quelques petites failles dans son argumentation, même si de manière générale elle se tient assez bien. Par exemple, elle suppose que Walter Sickert, un des premiers peintres impressionnistes, ne pouvait qu'être le meurtrier "puisqu'il n'y a aucune raison pour qu'il n'ait pas été présent à Londres ce jour-là" (le jour du premier crime). Je suis désolée mais ça me paraît un peu léger, d'autant plus que presque toutes ses suppositions partent de ce point! Elle fait aussi des suppositions sur la personnalité du peintre et, même si je veux bien admettre qu'elle a certainement travaillé avec des profileurs très compétents, je trouve qu'elle va beaucoup trop loin.

    Un de ses autres arguments est que Sickert a peint des représentations de scènes de crimes qui, selon Patricia Cornwell, n'ont pu être réalisées que par une personne présente sur les lieux du crime. Mais voilà, Sickert était quelqu'un de très influent et il a peut-être eu accès à des documents de la police - bon, d'accord, ce n'est qu'une supposition très vague aussi. Sickert a également peint "jack the ripper's bedroom" (voir ci-dessous), parce que, fasciné par le personnage de l'Éventreur, il se serait empressé d'habiter dans l'appartement qu'il aurait occupé. L'auteur part de là pour dire que si Sickert a habité l'appartement de l'Éventreur, c'est qu'il était l'assassin en personne. Le tableau en question est en effet très sombre, mais on peut aimer ce genre d'esthétique sans être pour autant quelqu'un de malsain, voire un meurtrier. Là, je ne sais pas trop quoi en penser, mais il ne me semble pas curieux pour un artiste aussi "sombre" que Sickert de se livrer à ce genre d'excentricités.  On pourrait même peut-être comparer ça au groupe Marilyn Manson qui a enregistré son deuxième album dans la maison de la "family", un collectif de criminels très violents dirigé par le meurtrier Manson, qui n'étaient pas pour autant des membres de cette organisation.
   Bon, il est vrai que comme que comme l'a souligné Cornwell, Walter Sickert a réalisé des tableaux très troublants qui laisseraient supposer qu'il entretenait une haine particulière à l'encontre des femmes, ce qui constituait un des arguments de l'auteur, entre autre des peintures à la limite du  "gore"... mais il existe des artistes dont les œuvres sont pleines de violence sans que cela ne prouve qu'ils sont des assassins.

   Bref, j'apprécie la démarche de Patricia Cornwell, mais je me demande si elle avait vraiment des preuves concrètes pour étayer son documentaire ou si elle a simplement vu là une occasion de publier un livre qui ferait polémique. J'avoue que c'est réussi en ce qui me concerne. Si vous avez vous aussi eu ce livre entre les mains, je vous invite à en discuter - vous aurez peut-être repéré des détails qui m'ont échappé et rendent ce livre plus crédible...


Ci-dessus : Walter Sickert, Jack the ripper's bedroom

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