Elizabeth Kostova : l'historienne et Drakula

   


    Si L'historienne et Drakula n'est pas un de mes romans préférés, il me semble qu'il mérite tout de même de figurer sur ce blog. Premièrement, il est agréable à lire ; le style d'écriture est tout à fait correct (voire très) sans être simpliste et ennuyeux. La forme du récit est intéressante : les chapitres se présentent suivant la même organisation que le Dracula de Stoker, mêlant récit, extraits de journaux intimes, lettres... Le seul bémol est que la succession des divers narrateurs, intervenant, pour certains, uniquement à des passages précis de l'histoire, peut être parfois légèrement difficile à suivre. Mais dans ces cas-là, vous connaissez aussi bien que moi la solution : il suffit de revenir quelques pages en arrière...  L'historienne et Drakula comprend au moins une suite, mais je n'en ai lu que le début : je me concentrerai donc sur le premier tome.
  
    Elizabeth Kostova a étudié pendant dix ans pour mener à bien l'écriture de son roman, et s'est focalisée sur l'histoire du voïvode Dracula, dont elle donne de nombreux éléments. Dans l'Historienne et Drakula, un professeur d'université spécialisé dans l'histoire du comte disparaît, et un de ses disciples, également professeur, part à sa recherche. C'est alors que sa fille découvre un livre étrange, aux pages entièrement blanches, à l'exception de la double page centrale sur laquelle figure un dragon avec le mot "Drakula". La jeune fille se lance donc sur les traces de son père...


    J'ai surtout apprécié le roman pour son aspect très fidèle à l'Histoire et le délicieux dépaysement qu'il nous offre : en effet, on suit les personnages dans leur quête à Istanbul, en Europe de l'est mais aussi en Italie, en Hollande... Mes passages préférés sont ceux en Méditerranée, particulièrement en Grèce et en Turquie. J'ai aimé retracer l'histoire de Dracula même s'il a vraiment été un tyran infect... En effet, ici, Elizabeth Kostova se détache quelque peu du personnage du roman de Stoker pour se rapprocher de la réalité historique, que notre auteur gothique irlandais favori avait très légèrement mis de côté, si ce n'est pour signaler qu'il tenait à faire de son personnage le mal personnifié. Pour ma part, je trouve l'idée de renouveler le mythe en se raccrochant au passé excellente, cela approfondit le personnage de Dracula tout en lui donnant une nouvelle dimension. Évidemment, il s'agit là d'une toute autre vision de Dracula, et je n'en voudrai à personne si vous préférez garder à l'esprit la création de Bram Stoker.

  
    Je dirais que cette série est une manière ludique d'en apprendre beaucoup sur cet aspect de l'Histoire. On pourrait presque culpabiliser d’emmagasiner au rapidement et facilement la quantité impressionnante d'informations qu'Elizabeth Kostova a mis plus de dix ans à réunir mais au final, ces romans permettent d'assimiler facilement les faits historiques tout en se distrayant. J'en viendrais presque à souhaiter que les livres et manuels d'histoire disparaissent au profit des romans d'histoire.

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