13 août 2013

Confessions d'un automate mangeur d'opium




    Comme vous vous en doutez certainement, je ne pouvais pas passer à côté d'un titre pareil, qui fait très probablement référence à un roman de Thomas Quincey datant de 1822, Confessions d'un Anglais mangeur d'opium. Bien m'en a pris, car ce roman de deux "jeunes" auteurs, Fabrice Colin et Mathieu Gaborit, a été une nouvelle et très plaisante incursion dans le genre steampunk. (pour rappel, le steampunk, par pitié, est un genre littéraire avant d'être une mode/un style vestimentaire. Il est né de la plume de quelques génies ayant eu la merveilleuse et saugrenue idée de faire de la science-fiction dans le passé, plus précisément durant les époques industrielle et victorienne - bien que ce ne soit pas une obligation et qu'il arrive que d'autres époques tiennent lieu de cadre à ce sous-genre de SF, également appelé science-fiction rétro-futuriste).
    
    Je vous plante le décor : Paris, exposition universelle, 1889. Au programme, une France et une Angleterre où des automates servent les hommes (un peu comme dans le cycle des robots d'Asimov, pour vous situer) et dans lesquelles les véhicules "volants", tels les aérocabs et j'en passe, sont un moyen de locomotion parfaitement habituel. Tout ce petit monde est dirigé par un fluide particulier, appelé ether qui, loin d'être une source d'énergie parfaite, recèle de grands dangers. Les personnages centraux, Théo et sa demi-soeur Margareth Saunders, sont là pour enquêter sur le meurtre de la meilleure amie de Margareth, près de laquelle un poème a été retrouvé. Bien évidemment, les soupçons se portent sur les étranges machines à la fiabilité parfois douteuse et rapidement, Théo, directeur d'un asile, se retrouve plongé dans le passé d'un de ses anciens patients, un poète anglais souffrant des séquelles de la guerre dirigée par la reine Victoria au Viêtnam et des atrocités commises par les peuples français et anglais...
     Au final, ce roman est un polar, de quoi me réconcilier avec le genre, moi qui commençais à me lasser sérieusement de tout ce qui ressemblait de près ou de loin à une enquête.
     Ah, et ni plus ni moins que le Comte Auguste Villiers de l'Isle Adam - dont je vous reparlerai bientôt - et la Reine Victoria - dont je vous ai déjà beaucoup parlé - assistent et prennent part aux réjouissances.

     Pour faire court, ce roman fut un régal, à tel point que je regrette de plus en plus de ne pas avoir connu le genre steampunk au temps bienheureux où j'avais le temps de lire autre chose que des articles scientifiques de psychologie (bien qu'ils soient passionnants...). Comme chaque fois que je suis enchantée par un roman dont l'action se déroule dans une époque révolue, j'ai trouvé la reconstitution parfaite, sans démagogie -je veux dire par là qu'il m'arrive de penser, en regardant certains films par exemple, que la reconstitution est là pour faire "rêver" le spectateur plutôt que pour l'informer, et je trouve assez dommage de lui faire croire qu'il n'y avait que de jolies princesses au moyen-âge et des policiers/détectives qui résolvaient toutes les enquêtes à la manière de Sherlock Holmes au XIXè. Mais ne parlons pas des choses qui nous énervent plus que fortement et restons sur un point positif avec ce bijou.
     Amateurs de steampunk, ceci est pour vous! Ne me reste plus qu'à dévorer la Trilogie de la lune de Johan Héliot, qui ma foi a l'air captivante.

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