14 août 2013

Christian Jacq

 


    Voilà un auteur qui aura tardé à apparaître sur un blog où il avait pourtant sa place... Je suis tombée dans les romans de Christian Jacq dès l'âge de neuf ans au moins - mais rassurez-vous, ils n'ont rien d'enfantin!

    Jacq est un égyptologue à la retraite, dont les premiers et plus nombreux romans traitent -admirez cette logique implacable- de l'Egypte antique. Je n'ai jamais fait l'effort de lire ceux s'intéressant à d'autres périodes mais, connaissant Jacq, je peux vous assurer que la reconstitution historique sera de taille à satisfaire tous les fanas d'histoire. Je n'ai qu'à lui reprocher d'avoir atténué, voire arrangé certains détails pour magnifier un peu les faits mais globalement, je ne l'ai jamais vu modifier les événements importants, tels que les successions des pharaons ou les guerres par exemple. De même, les moindres aspects de la vie quotidienne sont retranscrits avec une exactitude impressionnante -du moins, d'après les bouquins d'histoire que j'ai dévorés sur le sujet.


      La plupart des romans sont réunis en séries autour d'un même personnage ou événement. La première à m'être tombée entre les mains est certainement ma préférée, La pierre de lumière. Les quatre volumes nous font revivre, pendant les dernières années du règne de Ramsès II, le quotidien d'artisans d'un village de Haute-Egypte, près de Thèbes, appelé la place de Vérité (parce que placé sous la protection de Maât). C'est là que vivaient les peintres, sculpteurs, embaumeurs et collègues chargés de préparer les tombes de la Vallée des Rois et des Reines. Alors oui, tout ça peut paraître un peu macabre, mais il faut garder à l'esprit que nos amis les égyptiens de l'Antiquité n'avaient pas la même approche de la mort que nous, ce qui s'explique en partie par le fait qu'ils croyaient à une existence prolongée dans l'au-delà. De plus, la mort est presque prétexte à un déchaînement artistique, ce qui à mon sens n'est pas si négatif. Ne vous faites pas pour autant d'idées sur cette culture, les égyptiens de l'antiquité n'étaient pas obsédés par la mort. En bref, cette série est une très belle façon de découvrir la vie des égyptiens à cette époque, peut-être plus passionnante pour certains que les livres d'histoire.


      Une autre série importante de cet auteur, toujours sur le thème de l'Égypte antique, est La reine liberté. On y découvre un fait majeur dans l'histoire des égyptiens, dont on parle pourtant très peu en-dehors des livres spécialisés, à tel point que je me suis au début demandé si ce n'était pas une invention de l'auteur. Il s'agit de l'invasion de l'Égypte par les Hyksôs, un peuple correspondant plus ou moins aux ancêtres des Perses et des Turcs. Cette période reste très dure car elle a vu l'asservissement d'un peuple pourtant très avancé ; elle a duré plus d'un siècle, et a débuté aux alentours de -1670, bien avant le début du règne de ce bon vieux Ramsès II.
    En résumé, on suit le combat d'une princesse de Haute-Egypte, Ahotep, déterminée à reprendre le pays alors même que sa famille a renoncé à sa couronne et n'exerce qu'une fonction symbolique destinée à rassurer les habitants de la dernière de parcelle de pays "libre"... Peu à peu, la résistance s'organise autour de la jeune femme.
    Cette trilogie nous inspire les mêmes émotions que n'importe quelle autre œuvre autour de la résistance, quel que soit le contexte historique, c'est à dire une admiration infinie pour les personnes ayant le courage de se battre...


   La dernière série dont je vous parlerai, constituée de cinq volumes, ne concerne ni plus ni moins que Ramsès II. On le découvre très jeune et totalement désemparé par ce qu'il considère comme l'indifférence de son père, Sethi Ier, qui, en apparence, ne le considère pas comme son digne successeur. Le premier tome est consacré à l'adolescence de Ramsès, à sa découverte des responsabilités qui pèsent sur un pharaon, ainsi qu'aux rapports complexes qu'il entretient avec son père. Au fur et à mesure que l'on parcours les tomes, on assiste à l'ascension au trône de Ramsès, à la façon dont il tente de succéder à son père et guider l’Égypte malgré le chagrin causé par la mort de celui-ci, et aux relations privilégiées qu'il entretient avec les artisans de la Place de Vérité. On insiste sur les actes qui lui ont valu son surnom de "bâtisseur" (la construction du site d'Abou Simbel et de grandes modifications des sites de Louqsor et Karnak), ses qualités de stratège (particulièrement dans le tome "la bataille de Kadesh"), mais également sur ses relations sentimentales quelques peu étranges avec Nefertari, sa femme. L'auteur ne nous le dit pas mais, comme je suis de bonne humeur aujourd'hui, je vous livre les tous derniers ragots d'il y a deux mille ans : Ramsès II aurait eu plus de soixante épouses et concubines...

   Je ne vais peut-être pas vous détailler chacun des romans de Christian Jacq - bien que j'en meure d'envie-, mais j'espère que ces quelques résumés vous auront donné envie de vous plonger dans sa façon magistrale de nous faire revivre l'Histoire. Le seul bémol serait peut-être quelques interventions divines et "miracles" un peu faciles, mais il faut au moins lui reconnaître que l'atmosphère de l'Egypte antique et sa mythologie nous sont bien restituées.
     La quasi-totalité de ses romans sont disponibles chez Pocket. Je sais que ce n'est pas une grande référence, mais c'est toujours un bon point point en termes de prix et de place dans le sac...

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