27 août 2015

Mark Gatiss : Le club Vesuvius

    Un grand merci aux couvertures racoleuses des éditions Bragelonne qui, après m'avoir permis de dégoter ce superbe exemplaire du non moins superbe Les voies d'Anubis, m'ont menée sur la voie du premier tome des aventures du scandaleux Lucifer Box. Mon imagination débordante et le génie des scénaristes ayant fait de moi un mélange très peu subtil de whovian et de sherlockian - quoique cette dernière addiction soit très récente - je ne pouvais que me jeter avidement sur la production de l'un des principaux contributeurs de ces deux excellentes séries.


Résumé de l'éditeur : 

Portraitiste de talent, dandy, bel esprit, mauvais garçon… et le plus irrésistible des agents secrets de Sa Majesté. Lorsque les meilleurs scientifiques du royaume sont mystérieusement assassinés, Lucifer se lance dans une enquête trépidante, des clubs de gentlemen londoniens aux bas-fonds volcaniques de Naples, tout en déterminant la façon la plus seyante de porter un œillet blanc à sa boutonnière. Une immersion étourdissante dans les arcanes d’un ordre occulte aux pratiques décadentes – et de ses secrets les plus sulfureux.


264 pages
Parution : 2004
Chez Bragelonne : février 2015 


    Mon avis : Comme vous l'avez compris, c'est avec un grand enthousiasme que je me suis lancée dans ce roman que les fioritures dorées façon dix-neuvième de la couverture annonçaient ouvertement comme se rattachant au steampunk. On ne peut même pas reprocher à Bragelonne un abus de publicité mensongère tant Le club Vesuvius réunit avec talent tous les bons éléments caractéristiques de la SF rétrofuturiste : un dandy décadent à la Dorian Gray, une bonne connaissance de la culture victorienne dévoilée ici notamment par des allusions aux meilleurs peintres de l'époque comme Millais mêlées, comme ils se doit, aux références à des écrivains comme Oscar Wilde et H. G. Wells,  ainsi qu'à la culture napolitaine antique, le tout magnifiquement rehaussé de machines à faire pâlir Léonard de Vinci ou les plus grands ingénieurs victoriens. Et de l'humour. Les fans de la série Sherlock sauront désormais d'où viennent les punchlines de l'admirable et haïssable détective.
   
 "Je sais. Je suis un salaud. "

   Ces mots pourraient difficilement mieux décrire Lucifer. Entre insultes faciles sur le physique des personnes qu'il juge moins gâtées que lui, et comportements plus qu'antisociaux - comme les exécutions froides accomplies au nom de la couronne - Mr Box n'entre pas vraiment dans la catégorie des justiciers au grand cœur. Je n'ai pourtant pas pu m'empêcher de l'admirer, tant il est finalement assez plaisant de retrouver des personnages centraux détestables de temps en temps. Il faut lui reconnaître une certaine intelligence et un vrai culot, ce qui rend cette enquête passionnante à suivre, entre rendez-vous "galants" et espionnages.
    L'histoire réserve de bonnes surprises, comme le fait que tout ne se joue pas dans le Londres victorien que la plupart des romans steampunk m'ont donné l'impression de connaître comme si j'y avais moi-même vécu. Les bas-fonds napolitains permettent un changement de décor bienvenu, de même que la petite touche sulfureuse apportée par la sexualité mouvementée de Lucifer. 
    Seuls quelques détails m'ont fait grincer des dents : je n'ai pas aimé les accents (transcrits) de certains personnages comme Delilah ou le vendeur d'opium chinois apparaissant dans les derniers chapitres, que j'ai trouvé extrêmement caricaturaux. Je ne saurais pas du tout dire s'il s'agit des impressions de Lucifer, qui les perçoit de façon exagérée, ou si l'auteur a eu la main lourde, mais j'ai trouvé qu'ils gâchaient un peu un ensemble pourtant très bien écrit. 

     Avec ses 264 pages, Le club Vesuvius est un roman bref, que j'ai dévoré en deux jours à peine. Je n'ai pourtant pas eu l'impression de rester sur ma faim car le récit est pour moi fait pour être court, avec son rythme effréné et son ton humoristique et totalement décalé. Savoir qu'il existe deux suites m'a je suppose aidée à accepter ce format. Me voici donc prête à me replonger dans les aventures de Lucifer Box, avec les tomes The Devil in Amber et Black Butterfly.

     En ce qui concerne de futures adaptations, il semblerait que la BBC serait prête à nous offrir les aventures de Lucifer sur petit écran...  

Vos réactions :

  1. Ok je le rajoute xD Tu m'as convaincue en moins de deux...

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  2. J'ai lu des avis contrasté sur ce titre, mais je suis curieuse de le lire

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