20 octobre 2015

2010 : Odyssée deux - Arthur C. Clarke

    Bien que moins connu que son prédécesseur, Odyssée deux n'en est pas moins une petite merveille. Tout aussi agréable et rapide à lire, ils nous plonge plus avant dans les magouilles cosmiques dont Arthur C. Clarke a le secret. Je vous renvoie à la chronique de 2001 pour vous remettre dans le cadre.
Etant donné que cette suite a elle aussi fait l'objet d'une adaptation cinématographique, je ne vous épargnerai pas cette fois-ci non plus et vous aurez droit à quelques lignes sur le film.

Arrêtez dès maintenant votre lecture si vous n'avez pas lu ou vu 2001 : l'Odyssée de l'espace!




Genre : hard science
276 pages
Titre original : 2010 : Odyssey two
Année de parution : 1983
Traduction : Pierre Alien
Adaptation : 2010, l'année du premier contact - Peter Hyams, 1984 





Qu'est-il arrivé au Discovery depuis son premier contact avec le grand monolithe noir? Pourquoi l'ordinateur HAL 9000 en a-t-il éliminé l'équipage? Qu'a découvert Dave Bowman par-delà la porte des étoiles? Neuf ans après ces événements, le vaisseau Alexei Leonov emporte vers Jupiter un équipage composé de Russes et d'Américains pour donner à la Terre les réponses attendues. Mais leur cohabitation est difficile, d'autant que l'affection du Docteur Chandra, créateur de HAL, pour son ordinateur risque de les mettre tous en danger. Pendant que l'enfant des étoiles, l'être qui voyage à travers le temps et l'espace, les surveille à leur insu...
     
    Même qualité d'écriture, scénario tout aussi riche en rebondissements plus que choquants et inattendus... Aucun doute, 2010 ne fera pas partie de ces suites qu'on regrette d'avoir lues parce qu'elles nous gâchent le plaisir du premier tome. Le roman reprend les événements du film et non pas ceux du volume précédent, ce qui a apparemment semblé déroutant à certains. Pour ma part, j'aurai effectivement préféré que 2010 soit calqué sur les événements de 2001, mais les quelques variations entre l'oeuvre de Kubrick et celle de Clarke ne sont pas particulièrement gênantes pour la cohérence de l'ensemble, maintenue par les rappels réguliers de l'auteur et une préface qui présente rapidement le cadre.
     Une fois de plus, la rigueur scientifique prisée par Clarke m'a régalée ; le seul inconvénient serait qu'a priori, une personne moyennement intéressée par les détails scientifiques pourrait s'y perdre  (d'un autre côté, il serait de toute façon assez masochiste de se lancer dans la lecture d'une série de SF sans aimer la science). Cependant, on ne peut pas taxer Clarke d'avoir été élitiste, puisque les explications sont claires et amenées de façon cohérente, sans jamais ajouter de lourdeur à l'ensemble.
   Retrouver Heywood Floyd, le responsable de la mission de 2001, est d'autant plus un plaisir que son rôle est bien plus important ici que neuf ans auparavant. C'est un homme torturé par la culpabilité et l'angoisse après la fin tragique du voyage du Discovery vers Jupiter qui rejoint l'équipage du capitaine Tatiana Orlov.  J'ai aimé la mixité de l'équipe de scientifiques embarquée à bord de l'Alexei Leonov, qui s'apprête à retrouver son prédécesseur le Discovery aux alentours de la géante gazeuse : le roman ayant été écrit en pleine guerre froide, l'équipage de Tatiana Orlov véhicule un message de paix à travers la coopération - parfois tendue - entre les chercheurs américains et russes. Le choix d'un personnage féminin comme leader est également une idée qui m'a semblé progressiste, non pas que la SF de l'époque ait été particulièrement teintée de machisme, mais cela reste un choix un peu inhabituel.

    Tout ceci s'est beaucoup retrouvé dans l'adaptation de Peter Hyams, l'idée de fraternité entre les peuples une nouvelle fois mise plus en avant encore que dans le roman, accentuée par une très belle scène de révolte contre les autorités russes et américaines lorsque les chercheurs décident de ne pas interrompre leur travail et leurs recherches communes. En revanche, la participation des astronautes chinois à l'action a été totalement annihilée, ce qui m'a fait grincer des dents étant donné que l'histoire se passe ainsi d'un moment important et d'une surprise vraiment badass. Non, ce n'est pas un terme technique, mais il a le mérite de traduire assez directement mon appréciation très positive. Cette suppression totalement arbitraire et incompréhensible est d'autant plus regrettable que les scientifiques chinois ont également un rôle à jouer dans le tome suivant, 2061, dans lequel une scène majeure impliquant un astronaute est répétée quelques fois tout au long du roman.
     De manière plus générale, Peter Hyams est resté dans l'esprit de Kubrick sans pour autant maladroitement le copier. Si certains effets spéciaux sont un doigt d'honneur aux lois de la physique - je pense en particulier à une scène de décollage proche de la fin du film... - l'ensemble reste agréable.
    J'ai en tout cas adoré retrouver Roy Scheider dans le rôle d'Heywood Floyd aux côtés d'une Helen Mirren formidable en capitaine Orlov, même si un petit effort aurait pu être fait quant au choix de l'acteur pour le professeur Chandra, d'origine indienne dans le roman qui devient américain dans le film...
        Il est également dommage qu'un tel accent ait été mis sur les tensions américano-russes : c'est un des points qui font que ce film a mal vieilli. De même, les images des plus grandes villes du monde de la fin véhiculent certes un message pacifiste auquel nous sommes facilement réceptifs, mais aussi loin des guerres mondiales et de la guerre froide, ils paraît un peu obsolète et moins indispensable que dans un contexte de guerre dans lequel l'idée de peuples unis a un impact bien plus important. Le film reste tout de même plaisant à voir à condition de ne pas chercher à le comparer avec la bombe de Kubrick, sans compter l'allusion à l'épisode de Star Trek Le jour du premier contact.


    Roman tout aussi captivant que son prédécesseur, adaptation un peu décevante. Comme vous vous en doutez, les deux tomes suivants, 2061 et 3001, n'ont pas eu droit à leur version sur grand écran.

   Une petite touche d'ironie pour terminer? Clarke était persuadé qu'écrire une suite à 2001 était impossible, et c'est en grande partie à l'insistance de l'écrivain brésilien Jorge Luiz de Calife, lui aussi la tête dans les étoiles, que nous devons 2010 (et, par extension, les deux suivants.) Ce monsieur est chaleureusement remercié dans la postface par Sir Arthur lui-même.

    Comme je ne peux maintenant pas vous en dire plus sans en dire trop, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une bonne lecture et un bon visionnage!

Vos réactions :

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