Amélie Nothomb

    


    Amélie Nothomb est un de mes écrivains préférés, et vous savez pourquoi si vous l'avez lue. Sinon, je vais tenter de vous expliquer en quoi ses romans m'attirent tant. Pour en savoir plus sur cette auteure, et apprendre dans le même temps sur sa vie et sur son travail, lisez donc ses trois autobiographies (chacune centrée sur une période précise de sa vie) : Métamorphose des tubes (de la naissance à trois ans), Stupeur et tremblements (assez jeune, avant qu'elle ne soit écrivain) et Ni d'Ève ni d'Adam (une histoire d'amour un peu particulière...) Il faut savoir qu'elle navigue entre les cultures belge et japonaise, puisqu'elle est née au Japon et a grandi en Belgique, tout en ayant fait de fréquents allers-retours entre les deux. Vous retrouverez cette ambiguïté ans les trois autobiographies, car Amélie Nothomb est, depuis son plus jeune âge, partagée entre les deux cultures.



   Pour ma part, ne connaissant pas encore ces trois romans très personnels, j'ai commencé par le premier à m'être tombé sous la main - preuve que la simplicité peut très bien fonctionner  - Antéchrista. Antéchrista est le surnom donné à une pou... jeune écervelée par la narratrice du roman, qui se retrouve confrontée à cette abomination et est un peu perturbée d'être la seule à comprendre que l'autre fille est loin d'être aussi sympathique qu'elle en a l'air. Le ton est tellement juste que je me demande si Amélie Nothomb n'a pas subi ce genre de fréquentation, ce que je ne lui souhaite évidemment pas.
     

    Mon deuxième coup de cœur a été Acide sulfurique, une critique magistrale de la télé-réalité. Dans cette anticipation, les candidats sont recrutés contre leur gré dans la rue pour participer à Concentration, un jeu reproduisant un camp de travail. Ce roman décrit la relation ambiguë entre une candidate, l'héroïne du récit, et une gardienne fascinée par elle. Les téléspectateurs sont malheureusement très fidèles à l'émission dans leur avidité de sensationnel, même quand celui-ci dépasse les limites du supportable...



  

  Je dois aussi absolument vous parler de Mercure, une version tordue du prince charmant enlevant la princesse pour l'emmener dans son château. Un romantisme très noir imprègne ce roman et ce n'est bien sûr pas pour me déplaire. Comme tous les personnages de Nothomb, Hazel (la jeune femme), l'infirmière et le vieil homme sont très complexes et... humains. Pour le résumé, le vieil homme retient Hazel dans son château, sur une île déserte, car elle est difforme ; il la tient également à l'écart des miroirs ou tout autre surface réfléchissante. Quand une infirmière vient soigner et distraire la jeune femme de sa solitude, elle met le doigt sur le secret dérangeant de ce châtelain pour le moins bizarre au fil de ses conversations avec Hazel. Le dialogue tient une place très importante, ce qui est une des caractéristiques habituelles des romans d'Amélie Nothomb. Pour exemple, son roman Peplum n'est qu'un immense dialogue - passionnant, au demeurant. L'auteure nous offre une fin alternative à Mercure et enrichit encore l'explication que l'on peut donner à cette très étrange histoire. Le mercure a ici une double fonction : il est un messager et possède également la fonction de rétablir la vérité - je ne pas vous dire pourquoi!

   
    Je ne peux décidément pas vous résumer tous les romans d'Amélie Nothomb que j'ai lus et adorés, aussi je me contenterai de vous conseiller également :
    Hygiène de l'assassin, dans lequel un auteur livre un étrange secret à une journaliste (là encore, le dialogue structure le roman) ;
    Cosmétique de l'ennemi :  l'action se déroule dans un aéroport, un inconnu accoste et harcèle un homme qui attend son avion...
    Un voyage d'hiver : la majeure partie du roman est un flash-back sur une histoire d'amour ratée (et à sens unique...)
    Tuer le père, qui évoque le rapport très complexe d'un jeune homme à tous ceux ayant eu le rôle de parent pour lui.
    Et bien d'autres. Je vous conseille de consulter sa bibliographie et de choisir un titre au hasard, vous tomberez forcément sur une perle! Les titres sont toujours expliqués à un moment ou un autre de l'histoire, généralement la fin. Si vous êtes encore tous jeunes et voyez vos pros de français blêmir à la mention de Amélie Nothomb, profitez-en pour inverser les rôles et leur donner une bonne leçon.

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