Les amants étrangers


Couverture du roman, édition folio SF

  
    Résumé de l'éditeur :
   En 3050, L'Amérique du Nord est dirigée par le Clergétat, ordre religieux ultra-puritain, susceptible de vous envoyer en enfer pour "irréalité" au moindre pêché. En partant en mission sur la planète Ozagen, Hal Yarrow pense avoir laissé cette société qu'il abhorre derrière lui. Mais le conditionnement subi depuis son plus jeune âge résiste à l'éloignement et rien ne semble pouvoir le briser. à moins que la belle Jeannette, mystérieuse étrangère, ne parvienne à faire tomber les derniers tabous de Yarrow?

Titre original : The Lovers (1961)
268 pages


   
   
    Mon avis : J'ai choisi ce roman au hasard parmi les quatre de ma PAL rapportée de la bibliothèque. Cela faisait un certain temps que je n'avais plus lu de manière régulière, et cette trouvaille m'a réellement permis de reprendre un rythme plus assidu.
    Je ne connaissais absolument pas l'auteur, et je remercie encore une fois les éditions Folio et leur collection dédiée à la SF pour leur couvertures mauve métallisé si reconnaissables, qui m'auront une fois de plus conduite à une belle découverte. Comme vous avez pu le comprendre dans le résumé de l'éditeur, ce roman aborde de front les thèmes parfois houleux de la sexualité et de l'extrémisme religieux. En effet, la société dans laquelle évolue Hal Yarrow - ou plutôt la société qui l'étouffe - est, du moins j'en ai l'impression, plus extrémiste encore que tout ce que l'on peut imaginer. Si le vocabulaire apparaît de prime abord issu de la religion chrétienne - il est fait mention d'anges gardiens - le reste du lexique a été totalement imaginé par PJ Farmer, ce qui ne le rapproche d'aucune religion en particulier. Ce détail est à mon avis appréciable et parle en faveur du caractère universel du roman.
    Le rythme est relativement rapide mais l'auteur n'a pas pour autant négligé de nous planter un décor bien construit et détaillé. En effet, non seulement l'explication relative au très important déclin  démographique sur Terre est cohérente, mais les éléments nous en sont présentés au fur et à mesure que le récit progresse, de manière à les mettre en lien avec l'évolution de notre personnage principal. Encore une fois, le résumé n'est pas mensonger : si une seule phrase est consacrée à l'apparition de Jeannette, c'est bien parce que Farmer a su très bien équilibrer le contexte politique et la romance. Aucun ne prend le pas sur l'autre et l'histoire de Jeannette et Hal est bien mise en relation avec les coutumes de la société à laquelle appartient Hal. 

    Le roman est décrit comme "un magnifique plaidoyer contre l'intégrisme religieux et pour l'acceptation de la différence". Pour ma part, c'est exactement ce que j'ai ressenti et pourquoi il m'a touchée. La narration se faisant du point de vue de Yarrow, on pourrait s'attendre à des exagérations, mais le ton employé semble juste et le système dans lequel il évolue de plus en plus étouffant. 
    Au contraire, les opinions du Clergétat nous sont mêmes d'abord présentées lors de la découverte d'Ozagen, lorsque Hal rencontre les Wogs. C'est l'occasion pour nous de suivre une évolution de mentalités subtile et passionnante. 

    Au final, ce fut une lecture très agréable, d'autant plus que je n'avais pas lu de SF d'avant les années 2000 depuis un bon bout de temps, et que les noms propres un peu "kitsch" m'avaient presque manqué... 
     Je vous recommande chaleureusement ce bouquin! Quant à moi, je sens que je vais explorer d'un peu plus près la bibliographie de Farmer, notamment sa Saga des Hommes - dieux.
    

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