11 juin 2015

Destination : Univers

    Vous comprenez que le titre de cette anthologie, référence directe au recueil d'A.E. van Vogt, a immédiatement accroché mon regard. De manière générale, j'essaye d'en lire le plus possible, surtout dans ces moments où je suis en recherche frénétique de nouveauté... Ces huit nouvelles tombaient à pic!

Résumé de l'éditeur : 
Qui n'a pas rêvé des étoiles? 
Franchir le seuil de la lumière, foncer dans l'hyperespace par des chemins secrets, filer au coeur des astres mourants, plonger dans la chevelure des nébuleuses et s'aveugler à la lumière des supernovae : rêver parce que le ciel au-dessus de nous est à la fois fascinant et irrésistible.
Mais la navette Atlantis a atterri et ne repartira plus, le ciel nous est désormais fermé. 
Huit auteurs ne se sont pas résigné, ils ont pris leur envol dans cette anthologie. Ils nous ont chanté les planètes lointaines et les océans spatiaux, les stations orbitales et les vaisseaux rutilants sous des étoiles inconnues. Ils ont peuplé l'univers immense de dangers incommensurables, d'aventuriers exceptionnels, d'intelligences artificielles, de civilisations oubliées et de trésors fabuleux. Parce qu'il nous reste le rêve. Et qu'on ne rêve jamais assez.

 Sommaire : 
1. Anthony Boulanger : Évaporation et sublimation
2. Célia Deiana : Le bal des méduses
3. Anne Fakhouri : Sleeping Beauty
4. Olivier Gechter : Le gambit de Hunger
5. Thomas Geha : Les tiges
6. Laurent Genefort : Les dieux bruyants
7. Aurélie Ligier : Le marathon des trois lunes
8. Olivier Paquet : Le Khan Mergen

    Mon avis : Le résumé de la quatrième de couverture, mêlant poésie et science, m'avait déjà conquise avant que je ne commence la première nouvelle. J'avais une petite faim de space opera depuis quelques temps ; or, c'est précisément le genre que souhaite réhabiliter cette anthologie.  Il s'agit du type de SF dans laquelle vous trouverez plus volontiers des vaisseaux extravagants se livrant bataille dans des futurs plus ou moins lointains, le but n'étant pas nécessairement l'exactitude des aspects futuristes, mais plutôt de faire s'évader le lecteur (ou le spectateur, comme dans Star Wars), ce qui est généralement un pari réussi. Sans paraphraser les auteurs, on peut dire que le space opera a fini, depuis plusieurs dizaines d'années, par être associé à une catégorie de science-fiction grand public, dans le mauvais sens du terme. Cette sélection de huit nouvelles prouve que ce genre a encore de l'avenir et n'est en aucun cas réservé aux auteurs au talent incertain comme on aimerait nous le faire croire.

    Le recueil s'ouvre sur Les tiges (le sommaire ne respecte pas l'ordre des nouvelles), dans laquelle l'Homme a formé un certain pacte avec une intelligence végétale. Le développement fulgurant des plantes m'a immédiatement évoqué Le monde vert, de Brain Aldiss, mis à part le fait que les humains en étaient totalement absents et que l'action était centrée sur la Terre. Les Tiges nous emmènent beaucoup plus loin dans l'espace, au cœur d'une bataille entre deux clans, l'un d'eux dirigé par les végétaux...
     Évaporation et sublimation est une nouvelle que j'ai trouvée très poétique, entrecoupée de passages évoquant des dieux de feu. L'écriture soignée ainsi que le mystère entourant ces créatures m'ont fait lire cette nouvelle d'une traite, et je suis ressortie assez bluffée de cette lecture.
    J'ai eu un peu de mal à finir Le bal des méduses, qui m'a parue un peu longue et le but de la nouvelle un peu obscur. Pour moi, une nouvelle doit compenser la brièveté du récit par une fin inattendue, qui nous laisse haletants, ou un niveau d'écriture relativement élevé. Ici, je n'ai rien à reprocher au style d'écriture d'écriture de Célia Déiana, il s'agit juste d'une appréciation personnelle!
    Pour clore les (rares) mauvais points de cette anthologie avant de repasser aux bonnes mentions, je n'ai pas terminé Sleeping Beauty. Rien dans cette nouvelle n'est à remettre en cause, ce que j'en ai lu était bien écrit et le récit avait l'air très bien construit. C'est tout simplement que je n'ai, dès le départ, pas accroché et n'ai pas réussi à entrer dans cette nouvelle, qui pourtant avait l'air prometteuse.
     Intéressons-nous donc au Gambit de Hunger, une nouvelle dont j'ai autant admiré que détesté le personnage principal masculin. Je comprends que ça puisse paraître totalement contradictoire! Le problème est que je ne peux pas vous fournir plus d'explications sans vous spoiler la nouvelle... Dans tous les cas, ce récit a été une très bonne découverte. La narration fluide, à deux voix, permet de prime abord de ménager le suspense puis de fournir des explications supplémentaires. C'est tout à fait le genre de narration que j'adore.
     Le marathon des trois lunes a également été un bon moment de lecture. On y suit une épreuve pour le moins originale... En effet, les coureurs doivent bel et bien enchaîner une course très dangereuse sur trois satellites distincts, la place du vainqueur se payant parfois avec des vies.
    Dans l'idée de garder le meilleur pour la fin, je passe pour l'instant au Khan Mergen, qui se détache de ce recueil par son atmosphère plus tribale. L'histoire se déroule dans le futur, mais on y retrouve une civilisation proche des cultures orientales de la fin de l'antiquité ou du début du moyen âge. J'ai trouvé ce mélange de futuriste et traditionnel très intéressant, d'autant plus que la nouvelle est très poétique tant dans le récit en lui-même que dans l'écriture.
      Voilà qui nous amène à ma favorite, Les dieux bruyants. Le récit est presque sous forme de conte, avec un style sans fioritures tout en restant suffisamment travaillé. Là encore, la narration se fait à partir de deux points de vue différents, voire très différents puisque l'on a affaire à de sortes de créatures très dissemblables. La rencontre avec les pilas est un moment absolument adorable (et je n'emploie pas souvent ce mot!).

     J'avais oublié à quel point un article sur des nouvelles pouvait être frustrant, j'aurais vraiment aimé pouvoir vous en dire plus! Je vous invite à discuter de cette anthologie dans les commentaires, si elle vous a plu ou si vous comptez la lire. Evidemment, les suggestions sont les bienvenues si vous d'autres anthologies vous viennent en tête.

 Lecture recommandée :
 Destination Univers, A.E. van Vogt

Vos réactions :

  1. Je suis vraiment fan de SW mais je n'ai encore pas trouvé un roman qui me plairait autant que les films l'ont fait. Peut-être celui-ci ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu sais qu'ils ont été adaptés en romans? Je n'ai encore jamais osé les lire de peur de casser le mythe!

      Supprimer

Merci d'avance pour votre petit mot!

Et n'oubliez pas que ce blog est un lieu d'échange : partagez avec moi votre coup de cœur du moment ou je risquerais de mal le prendre! ; )