Mathieu Gaborit : Les crépusculaires

    Cet auteur a déjà figuré sur ce blog avec ses fabuleuses Confessions d'un automate mangeur d'opium, écrites avec Fabrice Colin. Je m'attaque cette fois à la trilogie des Crépusculaires, lecture suggérée par Émeline, rédactrice du blog La bibli d'Emy. Cette lecture s'inscrit dans le cadre de la première édition du challenge des Book-a-holics anonymes la Ronde de lecture, dont vous entendrez souvent parler dans la mesure où nous tentons de le tenir environ une fois par mois - à l'exception de cet été.

Oui, cette édition est ma-gni-fique.
Résumé de l'éditeur : 
Le baron de Rochronde n'est plus. Et, selon la coutume, son fils Agone doit lui succéder. Or, peu enclin à suivre les traces de son père, guerrier sanguinaire impitoyable, celui-ci se destine à une vie d'érudit itinérant. Agone accepte néanmoins la dernière requête du défunt : passer une semaine au collège occulte du Souffre-jour, où d'éminents maîtres d'armes et de magie initient aux arcanes de puissants pouvoirs. Là, il va découvrir le sens de sa destinée... Alors que grandissent menaces extérieures et conspirations fomentées par les adeptes du Cryptogramme-magicien, l'héritier de Rochronde, armé de sa fidèle rapière Pénombre et rompu aux plus redoutables arts magiques, saura-t-il trouver son salut et délivrer les Royaumes Crépusculaires qui sombrent dans la tourmente ?
447 pages
1. Souffre-jour
2. Les Danseurs de Lorgol
3. Agone

    Mon avis : Je dois avouer être assez sensible aux noms des personnages. Et voici que l'on me propose de suivre le parcours d'un certain Agone, autrement dit l'un des héros de roman portant le plus beau nom que j'ai jamais lu. Je me demande si Amélie Nothomb aurait approuvé, et je vous reparle bientôt de son énigmatique Saturnine. Mais revenons à nos moutons fantastiques et penchons-nous sur le cas de cet Agone. Si le nom est plutôt macabre - je ne peux m'empêcher de penser au mot "agonie"- il renvoie certainement au lourd passé d'assassin du jeune homme, formé par son père le baron de Rocheronde dans les ruelles sombres de Lorgol.
     Désormais désireux de rejoindre les enseignants de Préceptorale, l'école destiné aux paysans et non plus à une élite, Agone doit se conformer au testament de son père et à la volonté du Cryptogramme-magicien, un ordre ayant pour vocation de maintenir la magie sous un certain contrôle. Jusque-là, l'histoire de succession et de vocation contrariée dans une trilogie de fantasy ne paraît pas excessivement originale. C'est réellement la façon de la tourner et de s'en servir intelligemment qui a fait que cette trilogie est addictive. J'ai eu énormément de mal à la lâcher, tant le style de Gaborit est élaboré et son univers complètement fou à la fois dépaysant et familier. Dépaysant, parce que comme tout bon auteur de fantasy, M. Gaborit a su créer avec brio son propre univers, très original. Familier, parce que l'on y retrouve des créatures imaginaires très connues, telles que des lutins, des farfadets ou même des ogres... Bien évidemment, ils sont présentés d'une façon certainement différente de celle dont vous avez l'habitude, et c'est un régal. à aucun moment on a une impression d'accumulation de créatures fantastiques, chacune a réellement sa place dans les Royaumes Crépusculaires.
     Quant aux personnages principaux, leur psychologie est très travaillée, même si je ne peux réellement témoigner que pour Agone, puisque mis à part quelques passages destinés à faire grimper la tension, le récit est présenté de son point de vue. Au final, j'ai trouvé qu'il était un personnage très attachant, un bon exemple de héros malmené. Suivre ses pérégrinations a été un excellent moment de lecture, et j'ai presque regretté que la série ne comporte que trois tomes.
     J'ai eu moins de facilité à m'évader avec les passages relatifs aux prises de pouvoir, mais j'ai été totalement emportée par tout le mystère autour du Souffre-jour et la magie particulière de cet univers. J'ai particulièrement adoré les personnages des danseurs, de créatures dont les mouvements, guidés par les magiciens, créent les sortilèges et enchantements. C'est une forme de magie originale et très poétique, notamment dans la relation danseur-magicien.

    Pour finir, j'ai été réellement envoûtée par cette série et je compte me plonger très rapidement dans le "spin-off", Abyme. Je suis définitivement conquise par le style de M. Gaborit et je vous recommande plus que jamais cet auteur. Par ailleurs, j'ai bien aimé reprendre pied avec la fantasy, qui est un genre que je ne connais que très peu en-dehors de Tolkien, Robin Hobb et Jean-Louis Fetjaine. 

     On reprendra le mois prochain pour la suite de cette Ronde de lecture, avec Doctor Sleep, de Stephen King!

Lectures conseillées :
Confessions d'un automate mangeur d'opium, de Mathieu Gaborit et Fabrice Colin;
Abyme, de Mathieu Gaborit.

 

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