Thomas Day : Daemone

 

   Inutile de préciser que ce titre a immédiatement attiré mon regard, tandis que la petite allusion en fin de résumé a achevé de me convaincre : Daemone "entraîne son lecteur sur un rythme endiablé et ne le lâche qu'à la dernière ligne : épuisé et conquis." Je ne peux qu'adhérer à ce jugement tant le roman ne laisse pas un seul moment de répit.


Résumé de l'éditeur :
David Rosenberg est mort. Vive David Rosenberg 2.0! Ou plutôt vive Dæmone Eraser, comme il se fait appeler depuis sa résurrection. Star plus que célèbre et richissime du Jeu – des combats à mort opposant dans l’Arène des gladiateurs surentraînés –, Dæmone n’a plus le goût à la vie depuis le coma irréversible de Susan, sa femme. Mais un jour surgit Lhargo, un Guerrier du temps, un Alèphe, un de ces extraterrestres insectoïdes dont l’humanité ignore tout ou presque. Et avec lui, un marché que Dæmone ne peut refuser : tuer cinq personnes et retrouver, enfin, celle qu’il aime plus que tout.

Parution : 27 mars 2014
232 pages



    Mon avis : Ce roman m'a permis de découvrir Thomas Day, un auteur francophone principalement axé sur la fantasy et la SF. Daemone est en réalité une version augmentée de la nouvelle Les cinq derniers contrats de Daemone Eraser, elle-même faisant partie de l'univers des Sept Berceaux. J'ai après coup regretté de ne pas mieux connaître cet univers, ce qui m'aurait peut-être permis de mieux saisir certains enjeux ou les motivations de l'Alèphe Lhargo. La méconnaissance des autres textes constituant les Sept Berceaux n'empêche cependant pas de se plonger facilement et sans réserve dans cette petite bombe qu'est Daemone. 
    David Rosenberg est un personnage brisé, désabusé, auquel on s'attache immédiatement. Flanqué de ses deux gardes du corps et amis, l'homme-chat Gilrein et l'überkriegerisch Kimoko - une androïde ultra-réaliste et perfectionnée, décrite comme une implacable machine de guerre dans un corps splendide - il va devoir tuer cinq personnes afin non pas de retrouver totalement sa femme sortie du coma, mais de la sauver tandis que lui sera en quelque sorte condamné à un univers parallèle. Tels sont les véritables termes du contrat que Daemone passe avec l'Alèphe. Cela m'a en quelque sorte rappelé le mythe d'Orphée et Eurydice, dans la mesure où D. Rosenberg ramène sa femme des Enfers à condition de ne plus vraiment être avec elle. Rassurez-vous, il aura au moins le droit de la regarder - maigre consolation. 
    L'ambiance générale du roman m'a presque donné l'impression de lire un scénario de jeu vidéo -pour le peu que j'en connais... Entre les rebondissements et le rythme effréné, la violence, le vocabulaire cru, Thomas Day assume parfaitement le côté série B de son roman et cela convient à merveille. Par exemple, je n'ai pu me représenter Kimoko autrement que sous les traits d'une héroïne virtuelle sexy à la limite du vulgaire. Cela aurait pu être rédhibitoire mais, j'insiste, il s'agit plus de parodie et de second degré que de références mal exploitées. 
     La ressemblance avec les jeux vidéos est renforcée par les scènes de combat accompagnées d'une débauche de détails gore et de vocabulaire pseudo-scientifique à foison. J'ai beaucoup aimé cet aspect-là qui m'a plutôt amusée, tellement j'avais l'impression de lire les productions d'un enfant fan de science-fiction "grand public", avec des véhicules et des personnages dotés de gadgets ultra futuristes. De plus, à chaque partie du roman correspond une des missions de Daemone, et celui-ci n'est prévenu des futurs contrats qu'au compte-goutte, lorsque le précédent meurtre est... accompli, ce qui m'a paru se rapprocher du fonctionnement de certains jeux vidéos. 

    En somme, Daemone est un roman qui se lit vite et facilement, tout en réservant des surprises et en étant au final bien plus profond que ce que le vocabulaire parfois cru et les scènes d'actions mouvementées laissent supposer. Je me permets d'affirmer que tout ceci est voulu d'une part parce qu'on sent une maîtrise dont serait incapable un auteur amateur, basé sur des références aux space operas en vogue dans les années quatre-vingt tout autant que les westerns spaghetti de Sam Peckinpah,  d'autre part parce que ce roman est une version plus mûre du texte original. J'ajoute à la liste des qualités de cette édition l'entretien avec Thomas Day présent à la fin, qui explique très bien où placer Daemone dans l'univers des Sept Berceaux et ce qu'est cet univers, ce qui constitue un bon point d'entrée pour ceux, comme moi, qui ne le connaissaient pas. à ce propos, j'ai simplement regretté que les Alèphes ne soient réellement présents que dans le prologue et l'épilogue dans la mesure où il apparaît clairement qu'ils jouent un rôle central dans l'histoire tout entière. 

Commentaires

  1. Oh je crois que ça n'est pas pour moi même si je vois que tu as bien aimé. Le gaming peut-être ?

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  2. Voilà qui à l'air intriguant !

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